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Thérapeute : trouver vos premiers patients sans publicité

Vous venez de vous installer et votre agenda est vide. Les trois gestes gratuits à faire cette semaine pour que les premières personnes osent vous appeler.

Vous avez votre diplôme, votre cabinet, votre plaque, et un agenda qui tient sur une ligne. C'est le moment où tout le monde vous conseille de « faire de la publicité », de « lancer un site », de « être sur les réseaux ». Le moment, aussi, où l'on vous appelle pour vous vendre des choses.

Avant tout ça, il faut savoir d'où viennent vos premiers patients. Pas vos cinquantièmes : vos premiers. Ils ne viennent presque jamais d'une publicité payée.

Tout ce qui suit est gratuit, se fait cette semaine, et ne demande aucune compétence technique. Il n'est question d'un site qu'à la fin, et pour deux situations précises seulement.

Vos premiers patients ne viendront pas d'une publicité

Quand on démarre, deux mécanismes amènent des rendez-vous, et un seul coûte de l'argent.

Le premier : quelqu'un vous recommande. Un médecin, une sage-femme, une pharmacienne, une amie de la personne. Votre nom est prononcé par une voix de confiance.

Le second : quelqu'un cherche votre spécialité et sa ville sur son téléphone, tombe sur vous, et décide en une minute de vous appeler ou pas.

Dans les deux cas, il se passe la même chose juste après : la personne tape votre nom dans Google pour vérifier que vous existez vraiment. Si elle ne trouve rien, la recommandation s'éteint là. C'est ce trou qu'il faut boucher, et il se bouche gratuitement.

Une publicité payée, elle, amène des gens qui ne vous ont pas choisie et qui comparent. C'est l'outil le plus coûteux au moment où vous avez le moins de budget. Elle vient plus tard, si elle vient.

Le quart d'heure qui vous met sur la carte

Votre fiche d'établissement Google est gratuite, et c'est souvent la première chose qu'une personne voit de vous. Beaucoup de praticiens qui s'installent n'en ont pas.

Créez-la, puis remplissez ces cinq zones, dans cet ordre :

  1. Votre intitulé, tel que les gens le tapent. Pas le nom de votre société, mais ce que vous faites et où. Une personne ne cherche pas « Cabinet Villa Serena », elle cherche votre spécialité et le nom de sa commune.
  2. Votre adresse, ou vos communes. Si vous recevez à une adresse, donnez-la avec l'étage et un repère visible depuis la rue. Si vous travaillez chez les gens ou depuis votre domicile, Google permet de masquer l'adresse et de déclarer les communes où vous intervenez.
  3. Vos horaires réels de consultation, pas vos horaires de présence. Une personne qui voit « fermé » un mardi à 18 h ne rappellera pas le mercredi.
  4. Vos prestations, écrites simplement : le type de séance, la durée, pour qui. C'est là que les mots que vos patients emploient doivent apparaître.
  5. Quatre photos prises au téléphone, en plein jour : la façade avec le numéro de rue, l'entrée, la salle d'attente, la pièce où vous recevez. Pas d'images achetées, pas de photo de galets.

Si vous voulez le détail des zones que presque tout le monde laisse vides, c'est ici. Et si vos photos vous semblent trop ordinaires, ce qui fait venir n'est pas ce que vous croyez.

Les cinq lignes qui transforment un nom en rendez-vous

Site, page sur les réseaux ou simple fiche Google : cinq informations décident qu'on vous appelle. Écrivez-les une fois, puis collez-les partout.

  • Ce que vous faites, en une phrase sans jargon. Si votre méthode porte un nom que le grand public ne connaît pas, dites d'abord à quoi elle sert, le nom vient après.
  • Le prix d'une séance et sa durée. C'est la question numéro un, celle que personne n'ose poser au téléphone. Une personne qui ne trouve pas le prix n'appelle pas, elle referme.
  • Comment se passe une première séance. Combien de temps, ce qu'on vous dira, ce qu'on vous demandera, comment on en sort. Ce paragraphe fait plus pour vous que toute votre formation affichée.
  • Comment prendre rendez-vous, et sous combien de temps. « Appelez ou envoyez un message, je réponds dans la journée et je propose un créneau sous une semaine. »
  • Où vous êtes, concrètement. Rue, étage, code, parking, arrêt le plus proche.

Si vous n'en écrivez que deux ce soir, écrivez le prix et le déroulé de la première séance. Ce sont les deux seules qui font tomber l'hésitation. Le détail des lignes qui décident un appel est dans cet article.

Le tour des voisins : dix portes, deux après-midi

C'est le geste que personne ne fait, et c'est celui qui remplit un agenda de début.

Listez dix professionnels à dix minutes de chez vous dont les clients pourraient avoir besoin de vous : médecins généralistes, pharmacies, kinésithérapeutes, sages-femmes, podologues, ostéopathes, salles de sport, instituts. Passez les voir en personne, sur deux après-midi, dans un creux de leur journée.

N'y allez pas pour vous présenter, allez-y pour leur rendre service. La phrase qui fonctionne tient en trois morceaux : qui vous êtes et où vous êtes installée, dans quels cas précis vous pouvez aider une de leurs personnes, et sous quel délai vous recevez. Laissez quelque chose de concret : dix cartes avec votre spécialité, votre numéro, votre adresse, et vos jours de consultation.

Notez qui vous a reçu, et repassez dans six semaines. Un professionnel qui vous a vue deux fois donne votre nom. Celui qui a reçu un flyer ne le donne pas.

Ce qui ne sert à rien quand on démarre

Les publicités payées. Elles amènent des gens qui comparent, à l'instant où vous n'avez encore ni avis ni photos à montrer.

Publier tous les jours sur les réseaux. Une page à jour, avec vos informations pratiques, vaut mieux que trente publications vues par vos proches.

Attendre d'avoir « un vrai site » pour commencer. Votre fiche Google, cinq lignes écrites et dix portes ouvertes vous amèneront vos premiers patients avant n'importe quelle page.

Afficher vos diplômes en haut de tout. Ils rassurent une fois la décision prise, jamais avant.

Quand une page à vous change quelque chose

Faites les trois gestes ci-dessus, attendez six semaines, puis comptez vos appels, vos rendez-vous et d'où ils venaient. Si votre agenda se remplit, n'achetez rien.

Il reste deux situations où une page à vous fait une vraie différence pour un praticien. La première : les personnes que l'on vous recommande cherchent votre nom et ne trouvent qu'une fiche d'annuaire que vous ne maîtrisez pas, avec un ancien numéro ou un ancien lieu. La seconde : votre travail demande à être expliqué avant d'être choisi, parce que votre méthode est mal connue ou votre public particulier, et cinq lignes sur une fiche n'y suffisent pas.

Dans ces deux cas, une page unique qui dit qui vous êtes, ce que vous faites, le prix, le déroulé d'une séance et comment vous joindre coûte 300 €, payés une fois, sans abonnement. Plusieurs pages, 350 à 500 €. Vous voyez une première version complète avant de payer, et vous disposez de 30 jours de révisions après la mise en ligne. Le détail est sur la page services, la première version se demande ici.

Si vous n'êtes dans aucune de ces deux situations, gardez votre argent pour votre loyer de cabinet. Créez votre fiche ce soir, écrivez vos cinq lignes demain matin, et bloquez deux après-midi cette semaine pour le tour des voisins.

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