Tatoueur : moins de messages vagues, plus de projets
Quinze « c'est combien ? » par semaine et deux vrais projets. Les cinq questions à écrire une fois pour que le tri se fasse sans vous, dès ce soir.
Il est vingt-trois heures. Vous sortez d'une séance de quatre heures, le dos cassé, et votre téléphone affiche dix-sept messages non lus. Quinze disent la même chose : « salut c'est combien pour un petit tatouage ? ».
Vous répondez quand même, parce qu'il y a peut-être un projet là-dedans. Vous posez trois questions, on répond le lendemain soir, vous en reposez deux, et la conversation meurt. Sur quinze échanges, deux deviennent des rendez-vous.
Ce n'est pas un problème de clients. C'est un problème d'informations : vous passez vos soirées à poser oralement des questions que vous pourriez écrire une seule fois.
Pourquoi on vous écrit « c'est combien »
Mettez-vous à la place de la personne. Elle n'a jamais été tatouée, ou alors une fois, il y a huit ans. Elle ignore qu'un avant-bras et une côte ne se chiffrent pas pareil, et que le style change tout.
Alors elle pose la seule question qu'elle sait formuler. « C'est combien » veut dire en réalité : « est-ce que c'est dans mes moyens, est-ce que j'ose vous déranger, et est-ce que vous allez me juger ».
La plupart de ceux qui vous écrivent ça ne cherchent pas le prix le plus bas. Ils cherchent un repère. Donnez-leur ce repère avant qu'ils écrivent, et ceux qui écrivent ensuite arrivent avec un vrai projet.
Les cinq questions à écrire ce soir
Tapez ce bloc une fois dans vos notes, puis collez-le en publication épinglée, en réponse automatique et dans votre description de profil. Vingt minutes, et vous ne les reposerez plus à la main.
- L'endroit du corps et la taille approximative, en centimètres ou avec un repère simple (« comme une carte bancaire », « la moitié de l'avant-bras »).
- Le sujet et le style. Fin et noir, réalisme, graphique, lettrage, floral, traditionnel : dites quels styles vous faites, et lesquels vous ne faites pas. Cette deuxième liste vous rend vos soirées.
- Noir et gris, ou couleur.
- Une ou deux images de référence, plus une photo de l'emplacement sur la peau, à la lumière du jour. C'est la pièce qui manque toujours, et c'est celle qui vous permet de chiffrer sans faire venir la personne.
- S'il s'agit d'un recouvrement, d'une retouche ou d'une cicatrice. À demander franchement : cela change le travail du tout au tout.
Ajoutez une phrase en dessous, qui fait plus que les cinq réunies : « Les demandes qui contiennent ces cinq éléments reçoivent une réponse chiffrée sous quarante-huit heures. Les autres attendront, désolé ».
Vous venez de transformer une conversation de six jours en un message unique, que vous chiffrez pendant une pause.
Le prix : ce que vous pouvez afficher sans vous enfermer
Beaucoup de tatoueurs refusent d'afficher quoi que ce soit, de peur d'être réduits à un tarif. Le silence coûte plus cher : il attire ceux qui marchandent et fait fuir ceux qui ont de l'argent mais peur du ridicule.
Vous n'avez pas à afficher une grille. Trois repères suffisent :
- votre minimum de passage, qui couvre le matériel et la mise en place ;
- votre tarif à l'heure ou à la journée, selon ce que vous pratiquez ;
- une fourchette par type de pièce, en précisant ce qui la fait varier (la taille, la zone, le nombre de séances).
Dites aussi quel acompte vous demandez à la prise de rendez-vous, et ce qu'il devient en cas d'annulation. Écrit à l'avance, ce point ne choque personne ; annoncé au téléphone, il passe pour de la méfiance. Le même raisonnement vaut pour les instituts, détaillé ici : faut-il afficher vos prix en ligne.
Les trois certitudes d'un primo-tatoué
Celui qui n'a jamais sauté le pas a trois peurs, et aucune ne concerne votre dessin.
Le cadre. Il veut savoir qu'il ne prend pas de risque pour sa santé. Écrivez noir sur blanc que votre activité est déclarée, que vous avez votre formation hygiène, que les aiguilles et les encres sont à usage unique, et que le poste est préparé devant lui.
Le déroulé. Combien de temps dure une séance chez vous, est-ce qu'on peut faire une pause, est-ce qu'on peut venir accompagné, est-ce qu'il faut manger avant. Vous le dites dix fois par semaine à l'oral. Écrivez-le une fois.
L'après. Vos consignes de soin, dans vos mots, telles que vous les donnez en fin de séance. Mettez-les sur une page que l'on peut rouvrir trois jours plus tard, quand ça démange et qu'on ne retrouve plus le papier. C'est aussi celle qui vous évite des retouches gratuites dues à une mauvaise cicatrisation.
Ces trois textes, vous les avez déjà dans la tête. Les écrire ne vous coûte qu'une soirée, et vous n'achetez rien pour ça.
Votre book : ce que vous montrez, ce que vous retirez
Un mur de photos fraîches, prises sous la lampe, l'encre encore brillante, ne rassure qu'un autre tatoueur. Votre futur client, lui, veut voir ce que ça donnera chez lui, dans trois mois.
Classez vos pièces par style et par emplacement, pas par ordre de publication : on cherche « avant-bras » et « fin, noir », pas « mars dernier ». Gardez pour chaque style vos trois meilleures pièces et montrez au moins une pièce cicatrisée, photographiée à la lumière du jour. Pour chacune, deux lignes : la zone, le nombre de séances, le style. Le tri entre les images qui font venir et celles qui font fuir est détaillé dans cet article, et il s'applique mot pour mot à un book de tatouage.
Quand un site vous sert, et quand il ne sert à rien
Si vous venez d'écrire vos cinq questions, vos trois repères de prix et vos consignes de soin, que votre agenda est plein jusqu'au printemps et que vous travaillez sur recommandation : gardez votre argent. Un site ne vous apportera rien de plus cette année.
Il devient utile dans trois cas. Un : votre travail est dispersé sur un réseau social dont les règles changent sans vous demander votre avis, et vous perdriez tout si le compte fermait. Deux : vos textes de cadre, de déroulé et de soin méritent une adresse stable, qu'on retrouve sans faire défiler deux ans de publications. Trois : vous ouvrez votre propre salon et il vous faut une adresse à vous, pas un profil parmi des millions.
Dans ces cas, c'est un petit projet chez Scalenvia : un site vitrine se paie une seule fois, sans abonnement derrière, à partir de 300 € pour une page unique et de 350 à 500 € pour plusieurs pages, livré en 7 jours ouvrés. Les détails sont sur la page tarifs et la page services. La première version complète est créée avant tout paiement : vous la regardez sur votre téléphone le soir, et vous ne devez rien si elle ne vous plaît pas. Si vos pièces changent chaque semaine, une mise à jour à la carte commence à 20 €, et l'option Éditeur à 29 € par mois vous laisse les ajouter vous-même.
Mais commencez par les cinq questions. C'est gratuit, ça prend vingt minutes, et dès cette semaine vous verrez la différence dans vos messages du soir.
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