Restaurant : remplir vos midis du lundi au vendredi
Pourquoi vos soirs tournent et pas vos midis, le test de quatre minutes sur votre téléphone, et la routine quotidienne qui ramène la clientèle du déjeuner.
Vos vendredis et samedis soir tournent. Les midis de semaine, c'est une autre histoire : deux tables à 12 h 15, une salle à moitié vide, et du personnel payé pour un service qui ne couvre pas ses coûts. Vous mettez ça sur le dos du quartier, de la météo, de la crise.
Il y a autre chose. Le client du midi ne vous choisit pas comme celui du soir. Il décide vite, souvent entre 11 h 40 et midi, sur son téléphone, à quelques centaines de mètres de sa porte, sans avoir prévu la veille. S'il ne trouve pas en quelques secondes ce qu'il cherche, il ne vous écarte même pas : il ne vous voit pas. Voici ce qu'il cherche, et comment le lui donner ce soir, sans rien acheter.
Le client du midi n'est pas celui du soir
Le soir, on choisit un restaurant. On prend le temps, on regarde les photos, on lit deux avis, on réserve. La décision peut se prendre trois jours avant.
Le midi de semaine, on choisit un déjeuner. Cinq critères, dans cet ordre : est-ce ouvert maintenant, combien ça coûte, est-ce que je serai sorti à temps, est-ce que je peux me garer, qu'est-ce qu'il y a à manger aujourd'hui. Le plaisir vient après. Un restaurant excellent qui ne répond à aucune de ces cinq questions perd face au voisin moyen qui y répond toutes.
Autrement dit, votre cuisine ne joue presque aucun rôle dans le choix du midi. Elle joue sur la deuxième visite. Pour qu'il y ait une deuxième visite, il faut la première.
Le test de quatre minutes, sur votre téléphone
Faites-le maintenant, avant de lire la suite. Prenez votre téléphone, pas votre ordinateur, et coupez votre connexion au wifi du restaurant pour être dans les conditions d'un passant.
- Tapez « restaurant midi » suivi du nom de votre ville ou de votre quartier. Apparaissez-vous dans la liste, sans faire défiler ?
- Ouvrez votre fiche. Le bandeau indique-t-il « Ouvert » à cette heure-ci, avec l'heure exacte de fin de service ?
- Cherchez le prix de votre formule du midi. Combien de temps vous faut-il pour le trouver ? Si c'est plus de dix secondes, le client ne l'a pas trouvé non plus.
- Cherchez ce que vous servez aujourd'hui. Date de la dernière publication ?
Notez les quatre réponses : c'est votre liste de travail, et rien là-dedans ne coûte un euro.
Les cinq informations qui décident à 11 h 40
Chacune se règle en quelques minutes, sur votre fiche Google et sur votre site si vous en avez un.
- Le prix de la formule, écrit en chiffres. Par exemple : « Formule entrée plat à 16 €, plat dessert à 16 €, plat seul à 13 € ». Pas « formule du jour à partir de ». Celui qui déjeune tous les jours compte son mois.
- L'heure de fin de service. Pas vos horaires d'ouverture globaux : l'heure limite pour commander le midi. « Service de 12 h à 14 h, dernière commande à 13 h 45 ».
- Le temps à table. Une phrase suffit : « Servi en 45 minutes pour ceux qui reprennent à 14 h ». C'est l'argument le plus sous-utilisé de la restauration du midi, et il ne coûte rien à écrire.
- Le stationnement et l'accès. Où se garer, quel arrêt, quelle entrée. Un salarié qui a vingt minutes de pause ne tente pas l'inconnu.
- Le plat du jour d'aujourd'hui. Pas la carte, pas le PDF : ce que vous servez ce midi, publié ce matin.
Si votre carte est encore un fichier PDF à télécharger, réglez ce point d'abord, c'est détaillé dans pourquoi votre restaurant perd des clients. Et si votre fiche n'affiche pas « Ouvert » au bon moment, rien d'autre ne servira : le filtre qui amène la visite est expliqué dans « Ouvert maintenant ».
La routine de trois minutes, tous les matins
C'est la seule habitude à prendre, et c'est elle qui fait la différence entre un midi à deux tables et un midi correct.
Chaque matin, à heure fixe, pendant la mise en place : photographiez l'assiette du jour, écrivez trois lignes, publiez au même endroit à chaque fois. Sur votre fiche Google, dans les publications. Sur votre page de réseau social si vous en tenez une. Sur votre site si vous avez un bloc « aujourd'hui » modifiable.
Trois lignes types, à recopier et à adapter à votre carte et à vos prix :
Aujourd'hui : poulet basquaise, riz. Formule plat dessert 16 €. Service de 12 h à 14 h, dernière commande à 13 h 45. Servi en 45 minutes.
Toujours le même format, toujours la même heure. Le client qui déjeune dehors trois fois par semaine finit par prendre le réflexe de regarder. C'est ce réflexe que vous construisez, pas une publication isolée.
Deux pièges : publier une fois puis arrêter trois semaines, ce qui est pire que ne rien publier, car la dernière publication datée trahit l'abandon. Et écrire « nous consulter » pour le prix, ce qui fait partir net celui qui a dix-neuf minutes de pause.
Quand le problème n'est pas en ligne
Soyons honnêtes, trois cas où tout ce qui précède ne changera rien.
Vous êtes dans une rue sans bureaux, sans administration, sans zone d'activité à moins de dix minutes. Le midi de semaine n'a pas de clientèle à capter : mieux vaut concentrer vos moyens sur les soirs et les week-ends, ou sur une offre à emporter.
Votre service du midi n'est pas tenable à moins de dix couverts : remplir à moitié vous coûterait plus cher que de fermer le midi. Faites le calcul avant la communication.
Vous remplissez déjà vos midis. Dans ce cas, ne touchez à rien, et gardez votre budget pour la saison creuse.
Si vous voulez que ce soit en place sans y penser
Les cinq informations ci-dessus se placent gratuitement sur votre fiche Google, et je viens de vous donner la méthode complète. Faites-le vous-même ce soir, cela marche aussi bien.
Ce que je peux faire à votre place, si vous préférez : un site vitrine avec une vraie page « Formule du midi », les prix en chiffres, les horaires de service et un bloc du jour que vous modifiez depuis votre téléphone. Site vitrine à 300 € en page unique, 350 à 500 € en plusieurs pages, payé une fois, sans abonnement, et vous voyez une première version complète avant de payer quoi que ce soit. Si c'est surtout votre fiche Google qui est à reprendre, c'est une prestation à part, 149 €, une fois. Le détail est sur la page services, et la première version se demande sur cette page.
Demain matin, de toute façon, une seule chose compte : à la mise en place, photographiez le plat du jour et publiez vos trois lignes. Puis recommencez lundi. Si au bout de trois semaines vos midis n'ont pas bougé d'un couvert, vous saurez que le problème est ailleurs, et vous n'aurez dépensé que quelques minutes par jour pour le savoir.
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