Quoi écrire sur votre site : la méthode en 20 minutes
La page blanche bloque plus de sites que le budget. Six questions à vous poser ce soir, les phrases à éviter, et comment vos réponses deviennent des pages.
Beaucoup de patrons repoussent leur site depuis deux ans, et presque jamais pour la raison qu'ils donnent. Ce n'est pas le prix, il se connaît d'avance. Ce n'est pas vraiment le temps non plus. C'est qu'il faut écrire, et que personne ne sait quoi écrire sur soi.
Bonne nouvelle : vous avez déjà tous les textes de votre site. Ils sont dans les questions que vos clients vous posent au téléphone. Voici comment les sortir en vingt minutes, ce soir, sans rien payer et sans savoir écrire.
Ce qui bloque, ce n'est pas le budget
Demandez à un plombier d'expliquer pourquoi une colonne fuit à l'étage : il vous fait trente minutes, clair, précis, avec des exemples. Demandez-lui trois paragraphes sur son entreprise : page blanche.
Ce n'est pas un problème de vocabulaire, c'est un problème de position. On croit qu'écrire son site, c'est parler de soi. Personne n'aime parler de soi, et surtout personne ne sait le faire. Alors on recopie ce qu'on a vu ailleurs, et on obtient « Forts de notre expérience, nous mettons notre savoir-faire au service de votre projet », une phrase que le visiteur a déjà lue quarante fois et qui ne lui apprend rien sur vous.
La sortie est simple : ne parlez pas de vous. Répondez à ce qu'on vous demande.
Les six questions qui remplacent le brouillon
Prenez votre téléphone et l'application dictaphone, celle qui est déjà installée. Vous n'écrivez pas, vous répondez à voix haute, comme si un client était en face.
- Qu'est-ce qu'on vous demande le plus souvent au téléphone ? Les trois questions qui reviennent. Vous les connaissez par cœur, c'est pour ça qu'elles sont bonnes.
- Qu'est-ce que les gens croient à tort sur votre métier ? Le tarif qu'ils imaginent, le délai, ce qui est inclus, ce qui ne l'est pas.
- Racontez un chantier ou une commande dont vous êtes fier. Le contexte, ce qui était compliqué, comment ça s'est terminé. En détail.
- Qu'est-ce que vous ne faites pas ? Ce que vous refusez, ce que vous ne proposez pas, les horaires où vous n'êtes pas là.
- Pourquoi vos habitués reviennent ? Pas ce que vous aimeriez entendre, ce qu'ils vous disent vraiment.
- Qu'est-ce qu'il faut savoir avant de vous appeler ? Ce que le client doit préparer, apporter, mesurer ou décider.
Deux à trois minutes par question suffisent. C'est le quart d'heure le plus rentable que vous passerez sur votre site, et c'est la seule partie que personne ne peut faire à votre place.
Les vingt minutes, dans l'ordre
Ce soir, après le service ou après la fermeture.
- Minutes 1 à 15 : les six questions au dictaphone, sans vous relire, sans recommencer. Les hésitations ne gênent personne, vous êtes seul à écouter.
- Minutes 15 à 18 : réécoutez et notez, dans un simple bloc-notes, les phrases que vous avez dites telles quelles. Pas de reformulation. « Je me déplace dans un rayon de vingt kilomètres et je préviens avant d'arriver » est une bien meilleure phrase de site que tout ce que vous écririez en essayant de bien écrire.
- Minutes 18 à 20 : classez ces phrases en trois tas. Ce qu'un client doit savoir tout de suite (accueil). Ce qu'il veut savoir avant d'appeler (prestations, tarifs, zone, horaires). Ce qui le rassure (votre façon de travailler, vos exemples, vos garanties).
Vous venez de faire le travail que certaines agences facturent sous le nom d'atelier de contenu. Vous l'avez fait mieux, parce que ce sont vos mots.
Les quatre phrases à remplacer
Quand vous relirez vos notes, coupez celles-ci sans regret. Chacune se remplace par une information.
| Ce qu'on écrit par réflexe | Ce que le visiteur veut lire |
|---|---|
| « Forts de notre expérience » | « Je fais ce métier depuis onze ans, dont sept à mon compte » |
| « Nous sommes à votre écoute » | « Je réponds au téléphone entre 8 h et 19 h, et je rappelle le soir même » |
| « Devis gratuit et sans engagement » | « Je passe voir, vous avez le devis sous 48 h, et je vous dis si ce n'est pas la peine » |
| « Qualité et savoir-faire » | Une photo du chantier fini, et deux lignes sur ce qui était compliqué |
Ces exemples sont des formes à reprendre avec vos chiffres et vos horaires, pas des phrases à recopier. La règle, elle, ne change pas : une phrase que votre concurrent pourrait reprendre mot pour mot ne sert à rien. Si elle marche pour lui, elle ne dit rien de vous. C'est d'ailleurs un des signes qui trahissent un site fait à la chaîne : du texte qui pourrait appartenir à n'importe qui.
Ce que deviennent vos réponses
À ce stade, vous avez de la matière, et vous pouvez très bien l'utiliser seul. Recopiez vos phrases sur les pages de votre site actuel, dans votre fiche Google ou dans votre présentation, et vous aurez déjà gagné. Rien de ce qui précède ne demande de payer qui que ce soit, et c'est vrai même si vous ne refaites jamais votre site.
Si vous passez par Scalenvia, c'est ce point de départ qu'on vous demande, et rien d'autre : ce que vous préparez avant tient dans ce vocal et quelques photos. Vos réponses servent de base, pas un modèle tout fait. L'IA met en forme et propose des variantes, elle ne décide ni de ce que vous dites, ni de ce que vous refusez de dire, et chaque page passe par une relecture avant la mise en ligne. Vous lisez la première version complète sur votre téléphone, avec vos mots dedans, avant de payer quoi que ce soit. S'ils ne sonnent pas juste, vous le dites et c'est repris : les révisions sont comprises pendant la création et 30 jours après. Le détail de ce qui est fait est sur la page services.
Et le cas franc : si vous avez déjà un site dont les textes vous ressemblent, et que vos clients arrivent en ayant trouvé ce qu'ils cherchaient, ne payez rien. Faites l'exercice quand même et remplacez trois paragraphes. Ça vous coûtera une soirée, et rien d'autre.
Ce que vous faites ce soir
Le dictaphone, les six questions, quinze minutes. Puis le tri en trois tas. Gardez le fichier : il servira pour votre site, pour votre fiche Google, pour vos publications, et pour le jour où quelqu'un vous demandera « alors, qu'est-ce que vous voulez mettre sur votre site ? ». Cette fois, vous saurez quoi répondre.
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